samedi 31 décembre 2011

Le Conte de Fukushima


2011年漢字一文字「絆」


Le Conte de Fukushima
  
« Ne pas céder  face à la pluie,
    Ne pas céder face au vent » ...
 
« C'est le message de persévérance que nous envoie Kenji Miyazawa à travers son fameux poème* et c'est ainsi que vivent les hommes, luttant contre la pluie et le vent.  Mais face à une mer qui s'emporte, une centrale nucléaire qui s'emballe, notre pensée s'interrompt car on ne s'y attend pas. On ne s'y attendait pas.  Et pourtant, on savait, on craignait ce jour... Et il est arrivé, le jour sans retour. Que faut-il faire pour lutter contre un tel optimisme aveugle, une telle amnésie collective ?

S'indigner, se renseigner, se mobiliser?  Cela aide, mais ne dure pas. On oublie, on oublie tout: Hiroshima, Tchernobyl. La vie de tous les jours l'emporte et reprend ses droits.

Faut-il une éducation généralisée en technologie nucléaire?  Certainement, mais dans ce cas la difficulté réside dans la simplification des informations destinées aux masses. Elles ne peuvent être divulguées que d’une façon restreinte, pour n’inquiéter personne et ne pas froisser d’intérêts.Voyons par exemple ce que l’on apprend aujourd'hui au lycée, au  sujet de l’énergie nucléaire:  'cette technologie exploite une fission nucléaire provoquée sous contrôle, contrairement à la bombe atomique dont la fission n'est pas contrôlée'.
Tout est sous contrôle, c'est beau, on croirait que notre avenir est assuré.

Plus en amont encore, au collège et à l'école primaire, le sujet est traité dans des cours de sciences et de développement durable, où l'on parle de la nécessité d'exploiter diverses sources d'énergie, dont l’énergie nucléaire, indispensable pour un pays limité en ressources énergétiques comme le pétrole.  Mais concernant les  problèmes, on mentionne seulement que 'les déchets nucléaires sont toxiques et impossibles à détruire'. Sur le reste on se tait.  Seule la sûreté de conception est mise en avant. Que faut-il faire pour que nos enfants prennent conscience et soient mieux équipés contre toute éventualité catastrophique?

Un enseignement spécialisé serait tout aussi vain. Avec un langage impersonnel et des termes pointus, il ne fournirait qu'une connaissance technique dépourvue d’humanité. Quand on s'apercevra que son raisonnement est erroné, il sera trop tard.  C'est ce qu'ont avoué avec remords de nombreux experts nucléaires japonais suite à la catastrophe de Fukushima. Ce qui leur a manqué atrocement, c'est la peur profonde, instinctive, salvatrice, qu'une centrale nucléaire peut se déchaîner à tout moment, entraînant des dégâts phénoménaux auxquels toute leur connaissance technique ne saurait remédier.

Mais si l'enseignement et la formation ne suffisent pas, comment faire pour entretenir une défiance permanente envers la technologie nucléaire ?  La peur est une réaction inconsciente née d'un sentiment de danger qui s'infiltre dans notre nappe phréatique affective.  Elle naît d'une expérience terrifiante. Vous aurez deviné où je veux en venir: il faut nourrir des valeurs sentimentales avant de se lancer dans la quête  d'un triomphe technologique. Alors notre subconscient nous empêchera de rester passifs devant l'écran d'ordinateur tandis que s'affiche la vérité sur les réacteurs nucléaires.

Mais comment acquérir ce sentiment de crainte sans réellement vivre d'expérience terrifiante? On ne peut évidemment pas soumettre chaque génération de techniciens en herbe à une épreuve nucléaire. Alors, comment sensibiliser, sans traumatiser?


La réponse est proche de nous, dans la magie conjuguée de l’enfance, de la maternité et de la littérature. Dans le monde de l'imaginaire, un enfant peut être terrifié, et même aimer l'être, sans en être traumatisé, tant que l'histoire est racontée de la  voix douce et rassurante d'une maman qui l'accompagne. Racontez-lui, par exemple, ce qui est survenu aux malheureux habitants de Fukushima: 'Il était une fois, loin, loin d'ici, dans le pays de Fukushima, le peuple le plus heureux du monde, jusqu'à un beau matin...' L'enfant en retiendra l'essentiel : la méfiance d'une technologie aux dangers inhérents.

Ne vous-en faites pas. Il n'est pas difficile de raconter ce genre d'histoire. Les mamans maîtrisent l'art du mensonge destiné à protéger leurs enfants. Et les enfants frappés par ce sinistre, dans dix ou vingt ans, auront sans doute eux aussi envie de parler à leur progéniture de ce qu'ils ont vécu, s'exorcisant ainsi de ces peurs par une thérapie d'expression. Et si les histoires ne sont pas votre fort, d'autres vous aideront grâce à un concours littéraire: le prix Fukushima, invitant le monde entier à participer à l’écriture du 'conte de Fukushima', un conte pour les enfants, qui s'amuseront à se faire peur avec une technologie qui dérape, 'Ouh-ouh-ouh, je suis le fantôme de Fukushima!'

Les vies emportées par le tsunami, les larmes qui ont coulé après Fukushima, sont trop précieuses pour avoir été perdues ou versées sans réponse.  Le conte de Fukushima en est une. »

©Tous droits réservés N. OSUGA 2011

Le texte ci-dessus, appartient à monsieur N.Osuga qui en est l'auteur.
Il m'a autorisé à le publier sur ce blog et je l'en remercie infiniment.

Ce n'est pas facile d'aborder ce sujet, mais le message qui ressort de son texte, me semble très positif, vis à vis la situation difficile des victimes depuis le début de la catastrophe.

Je laisse aux experts et connaisseurs de la problématique nucléaire, le soucis de nous en informer. Depuis les tragiques évènements de Fukushima, le monde avance et la prise de conscience fait son chemin.

Les risques liés au nucléaire, concernent tous les pays!

Je souhaite profondément que nous puissions nous passer de l'énergie nucléaire, développant d'autres sources d'énergie plus respectueuses de la VIE HUMAINE et de la VIE tout court!


Ainsi, nous pourrons continuer de raconter des jolies histoires à nos enfants, à nos petits enfants, différentes de celle-ci ...
Cependant, celle-ci en est une et nécessaire, pour prévenir du danger. Nous continuons de soutenir le Japon et la meilleure façon de le lui prouver, c'est d'aller lui rendre visite!

Le Japon, est un Pays très différent de la France et ses différences,
nous les apprécions. C'est un pays magnifique!


KIZUNA, qui en japonais signifie "lien" est l'idéogramme choisi par les Japonais, pour symboliser l'année 2011.

Les événements du 11 mars, ont déclenché dans tout le pays et à l'étranger, un élan de solidarité. C'est un très joli symbole ce "lien" entre les gens.




Dans quelques heures, l'année 2011 se termine.
Que pouvons nous faire d'autre que souhaiter qu'elle soit meilleure?

Quoi qu'il en soit, les épreuves difficiles nous permettent d'avancer.
J'ai une pensée toute particulière pour tous ceux qui continuent de souffrir, ayant tout perdu. Pour toutes les victimes disparues et ceux qui sont confrontés à des graves problèmes de santé, liés à la radioactivité. 
                                              

Ce dragon se trouve au Eihei-ji au Japon, un haut lieu de prière où d'autres valeurs nous interpellent.

Je vous présente à TOUS, mes meilleurs voeux de BONHEUR, SANTÉ et PROSPÉRITÉ en cette nouvelle année 2012.

海子 Okasan

* Le Poème de  Kenji Miyazawa

Ame ni mo makezu (雨ニモマケズ)

Ne pas céder face à la pluie
Ne pas céder face au vent

雨ニモマケズ
風ニモマケズ
雪ニモ夏ノ暑サニモマケヌ
丈夫ナカラダヲモチ
慾ハナク
決シテ瞋ラズ
イツモシヅカニワラッテヰル
一日ニ玄米四合ト
味噌ト少シノ野菜ヲタベ
アラユルコトヲ
ジブンヲカンジョウニ入レズニ
ヨクミキキシワカリ
ソシテワスレズ
野原ノ松ノ林ノ蔭ノ
小サナ萓ブキノ小屋ニヰテ
東ニ病気ノコドモアレバ
行ッテ看病シテヤリ
西ニツカレタ母アレバ
行ッテソノ稲ノ朿ヲ負ヒ
南ニ死ニサウナ人アレバ
行ッテコハガラナクテモイヽトイヒ
北ニケンクヮヤソショウガアレバ
ツマラナイカラヤメロトイヒ
ヒドリノトキハナミダヲナガシ
サムサノナツハオロオロアルキ
ミンナニデクノボートヨバレ
ホメラレモセズ
クニモサレズ
サウイフモノニ
ワタシハナリタイ

ame ni mo makezu
kaze ni mo makezu
yuki ni mo natsu no atsusa ni mo makenu
jōbu na karada wo mochi
yoku wa naku
kesshite ikarazu
itsu mo shizuka ni waratte iru
ichi nichi ni genmai yon gō to
miso to sukoshi no yasai wo tabe
arayuru koto wo
jibun wo kanjō ni irezu ni
yoku mikiki shi wakari
soshite wasurezu
nohara no matsu no hayashi no kage no
chiisa na kayabuki no koya ni ite
higashi ni byōki no kodomo areba
itte kanbyō shite yari
nishi ni tsukareta haha areba
itte sono ine no taba wo oi
minami ni shinisō na hito areba
itte kowagaranakute mo ii to ii
kita ni kenka ya soshō ga areba
tsumaranai kara yamero to ii
hideri no toki wa namida wo nagashi
samusa no natsu wa oro-oro aruki
minna ni deku-no-bō to yobare
homerare mo sezu
ku ni mo sarezu
sō iu mono ni
watashi wa naritai

Ne pas céder face à la pluie
Ne pas céder face au vent
Ne pas céder non plus face à la neige ou à la chaleur de l’été
Avec un corps solide
Sans avidité
Sans perdre son tempérament
Cultivant une joie tranquille
Chaque jour quatre bols de riz complet
Du miso et un peu de légumes à manger
Dans toutes les choses
Sans y mettre ses émotions
Voir, écouter et comprendre
Et sans oublier
Dans l’ombre des bois de pin des champs
Vivre dans une cabane au toit de chaume
S’il y a un enfant malade à l’Est
Y aller et le veiller
S’il y a une mère fatiguée à l’Ouest
Y aller et porter sa gerbe de riz
S’il y a quelqu'un proche de la mort au Sud
Y aller et lui dire qu’il n’y a pas besoin d’être effrayé
S’il y a une dispute ou un litige au Nord
Leur dire de ne pas perdre leur temps en actes inutile
En cas de sécheresse, verser ses larmes de sympathie
Lors d’un été froid, errer bouleversé
Appelé un bon à rien par tout le monde
Sans être complimenté
Ni rendu responsable
Une telle personne
Je voudrais devenir

1 commentaire:

  1. salut !!!
    Chaque jour est unique, chaque année est une promesse de joies et de découvertes. Que 2012 soit pour toi une année spéciale, que des milliers de petites joies viennent embellir ta vie.Que cette année nouvelle t'apporte tout ce que tu désires.

    Bonne continuation
    Bisous .......

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