samedi 19 novembre 2011

La consigne c'est la consigne... Le jeune policier japonais J4

Eh oui, vois-tu, nous sommes toujours le mardi 12 avril et si tu as lu mon dernier billet, tu sais que nous venons de quitter le samouraï à Toyokawa Inari et que notre Ami japonais "N" et son épouse, vont nous déposer à la gare pour que nous prenions le train en direction de Toyohashi, où nous attendent des amis en cette fin de journée.

Le récit que tu es en train de lire, n'aurait pas vu le jour, sans l'intervention de ma fille... En parcourant mon "Carnet de Voyage", elle me dit:
- Maman, tu ne parles pas de ce qui s'est passé au retour de Toyokawa Inari...
- Non, c'est un souvenir désagréable, lui ai-je répondu... Je ne veux pas en parler.
- Mais Maman, il fait partie de cette journée, c'est une situation vécue, réelle, tu devrais en parler... Après réflexion, je me suis décidée à le faire.

L'épouse de "N" cherche sur une carte le chemin.
Nous sommes installés sur la banquette arrière de la voiture.
Je me suis déconnectée de la réalité, le temps du parcours, regardant la route par la fenêtre...


Dans ma tête, les images de cette journée se succèdent en boucle... Prolongeant ainsi la douce sensation de chacune  d'elles...
Arrivés en ville, "N" s'engage sur la voie qui mène à la gare, quand j'aperçois un jeune en uniforme qui court au long du trottoir et la voiture le suit.
Je pensais qu'il allait nous montrer une place libre sur le parking...
Je sortais tout juste de mon nuage d'images de la journée...
"N", tourne alors à gauche et la voiture s'arrête!
Le conducteur reste assis au volant et le jeune en uniforme, qui est un policier, reste debout sur le trottoir parlant avec "N" de façon amicale et souriante!
Entre le policier et "N", se trouvait l'épouse de notre Ami... Le volant se trouve à droite du véhicule. Ceci a son importance...
Il y a comme une distance que je ressens dans le dialogue...

Cette situation dure assez longtemps pour réveiller en moi une inquiétude...
Quelque chose ne tournait pas rond...
Que se passe-t-il?
Le jeune agent de police, semble ne pas lâcher prise...
Notre Ami me paraît plutôt gêné et confus.
Là, je sens que la situation est grave!

À aucun moment, j'ai pensé demander à Libellule quel était le sujet de la conversation...
C'est alors que "N" se retourne vers nous, demandant à Libellule en anglais, comment s'appelait-elle!

Euh? Oups? Non, je ne comprenais rien!

J'entends ma fille décliner son prénom et j'entends "N" discrètement nous demander de quitter la voiture, comme si l'on ne se connaissait pas!
Nous nous sommes exécutés et ainsi  retrouvés tous les trois, moi, ma fille et mon mari sur le trottoir, comme des extra-terrestres, ou dans une mauvaise scène d'un film...
Oh, là, là ... C'est alors que le jeune policier demande en japonais à Libellule son prénom...
Elle fait semblant de ne pas le comprendre.
Nous étions sensés être des étrangers perdus, ne parlant pas japonais, que "N" a pris en chemin, pour nous déposer à la gare la plus proche!

Nous nous sommes ainsi quittés, sans savoir comment la journée du couple s'était-elle terminée! Cet événement a entamé notre bonne humeur... Nous étions soucieux pour eux...

Ma fille m'a donc expliqué que "N" nous a fait passer pour des "étrangers égarés", à fin de nous épargner une perte de temps au poste de police!

Tu te demandes en définitif, pourquoi il a été conduit au poste de police...
Eh bien, le non respect d'un arrêt avant de tourner... Le couple cherchait le bon chemin sur la carte...

La situation a été fort embarrassante pour tous et imprévue.
Je ne les reverrai donc plus?
j'étais vraiment triste et à mon retour à l'hôtel, tard dans la nuit, je lui ai adressé un émail.

Dans son infinie gentillesse, il m'a répondu " ... oui, c'était une fin un peu embarrassante à une journée si parfaite. Je n'aime pas trop avoir affaire à ces gens là. Ils ne savent parler que dans une langue de bois. Ils ne vous écoutent jamais et la contestation prendrait beaucoup de temps et énergie. Le jeune agent de police m'a verbalisé pour ne m'être pas arrêté avant de tourner et pendant que nous parlions sur place, trois autres conducteurs sont passés sans s'arrêter à l'endroit en question. Et l'agent de police, oh, là, là!"    
Il m'a aussi annoncé qu'il nous rejoindrait pour la dernière fois à Nagoya, à notre retour de Tokyo le lendemain...
Sa réponse je ne l'ai pas lue avant de partir à Tokyo...
Mais tout s'est arrangé après, comme tu le verras le moment venu.
Sais-tu à quoi cet événement me fait penser?
À l'allumeur de réverbère du "Petit Prince" de Saint-Saint-Exupéry: "La consigne c'est la consigne..."

Je ne pourrai pas critiquer ce qui s'est passé...
Je pense que la sécurité que nous apprécions tant au Japon, est le fruit d'un ensemble d'actions, dont celle-ci fait partie...
La tolérance zéro, ça calme...
Les règles et le respect des mêmes, sont visibles...
Alors? Cet événement indésirable, s'est donc transformé positivement dans mon esprit après réflexion ...

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